Forum Annuel du RESDAC
Les défis du développement de compétences en régions
Par Patrick Weldon
«La scolarité n’est plus le facteur qui explique le mieux pourquoi quelqu’un est de niveau 1 ou 2, explique Donald Lurette, intervenant au Centre d’apprentissage et de perfectionnement (CAP) à Hawkesbury. C’est l’application des compétences qui permet de mesurer son niveau d’alphabétisation». Selon lui, il n’y aurait pas de lien immédiat entre le niveau d’alphabétisation et la scolarité. «Tu peux avoir un niveau 3 en sortant du secondaire mais tu peux passer 15 ans sur le marché du travail sans utiliser les compétences apprises à l’école, ce qui va diminuer ton niveau d’alphabétisation» affirme-t-il.
Selon Donald Lurette, la formation initiale n’est qu’une petite partie de l’apprentissage. Il compare les compétences à un muscle : «Si tu l’utilise souvent, tu maintient tes compétences et ton muscle grossit. Mais si tu ne fait rien, il s’atrophie » déclare-t-il. Le muscle aurait donc besoin d’un stimuli pour qu’il reste actif et continue de s’exercer. «Ce n’est pas avec un programme de formation de 6 mois que ce muscle va se développer et se maintenir, c’est ce qui va être mis en application par la personne qui vient de suivre la formation qui sera efficace», confirme Donald Lurette.
Dans ce cas, la formation peut aider à l’intégration dans un projet, un programme ou un emploi, et va permettre le développement des compétences. La formation reste donc une étape clé, une étape stratégique pour le développement des compétences.
Un des grands défis des organismes de formation reste le financement. Les financements publiques sont en général déterminés par la demande et il reste difficile de recevoir des financements en région rurale. «Il est essentiel d’avoir assez de monde pour obtenir du financement pour les programmes de la sorte» conclue Donald Lurette.
